Un bisou et au lit !

On ne vous présente plus Mathilde Cabanas, l’illustratrice nantaise qui a fondé sa marque d’objets estampillés Bisou : tee-shirts, carterie, paillassons, parapluies, bols, etc. Une chouette success story menée avec une énergie folle depuis plus de six ans, et en binôme avec Alexandra depuis quelques années. Mais derrière le bisou, il y a aussi une famille de trois enfants, avec laquelle il faut jongler entre les projets et les rush. On a posé quelques questions à Mathilde pour savoir comment on faisait en 2020 pour être une maman, une cheffe d’entreprise, et cultiver la cool attitude à toute épreuve.

 

Peux-tu nous présenter un peu ton activité ? Quand as-tu fondé ta marque ?
Je suis créatrice de la marque d’objets lifestyle Mathilde Cabanas et illustratrice. J’ai 34 ans et je partage ma vie avec Simon, le papa de mes enfants Pia (7 ans), Zéphyr (5 ans) et Luz (1 an). J’ai fondé la marque en 2014 et j’ai maintenant une associée/ BFF/ wonderwoman : Alexandra.

Que faisais-tu avant ? Tes enfants ont-ils inspiré ton métier ?
À part rêver, j’étais illustratrice en free-lance ! L’univers kids m’a toujours beaucoup inspiré, bien avant de fonder ma marque :).

À quoi ressemble une journée ou une semaine type de boulot ?
Aucune journée ne se ressemble et c’est ça qui est magique dans ce métier. Mais en général je me lève tôt pour avoir un moment à moi, puis je cours, petit dej/ habillage/ école/ crèche, ensuite je vais au bureau, parfois j’ai des rendez-vous à l’extérieur, ou je déjeune sur place devant mon ordinateur pour ne pas perdre de temps, je réponds à mes mails, je gère la prod et les clients wholesale, je fais un peu de créa et j’ai mon associée au téléphone. En fin d’après-midi, re-course : enfants/ devoirs/ bains/ dîner. Puis je me pose devant une série et j’essaye de ne pas me coucher trop tard.

Comment fais-tu pour gérer les kids après le boulot ? As-tu souvent craqué pendant le fatidique 18-20 heures ?
Raconte-nous un peu par quoi tu es passée histoire de rassurer ou préparer nos lectrices ! Ma semaine se décompose en deux soirs où j’ai les enfants de 18h à 20h et deux soirs de 16h30 à 20h, et je les garde avec moi le mercredi. J’aimerais bien avoir une nounou qui fait les sorties d’école mais pour l’ins-tant je gère tout. C’est vraiment speed et j’essaye d’être tôt au boulot le matin et de ne pas prendre de pause déjeuner pour tout faire dans la journée. Quand je vais les chercher à 16 h 30, ils savent que je me remets au travail en rentrant. Je suis disponible s’ils ont besoin mais le deal c’est qu’ils jouent à côté et me laissent travailler. Dès que je sens que je suis tendue et que je n’arrive à rien je coupe. Mais globalement je me débrouille pour grap- piller une heure de boulot en plus après l’école. Avant je culpabilisais de travailler alors qu’ils étaient là, mais maintenant je suis cool avec ça. Je leur en ai parlé, je leur ai expliqué que j’avais besoin de travailler pour être heureuse et épanouie et qu’ils avaient la chance d’être à la maison tôt le soir et tous les mercredis, mais que la contrepartie c’est que je continuais à travailler. Ça, c’est pour le 16h30-20h. Je trouve le 18h-20h presque plus facile, on a un programme hypercalé et entre le bain, le dîner et l’histoire pas le temps de discuter. Évidemment il y a des jours plus durs que d’autres mais je crois qu’on a trouvé un bon équilibre.

 

« Quand on sent que c’est compliqué d’avoir les deux casquettes on en enlève une. »

 

As-tu déjà été confrontée à des situations culpabilisantes dans ta gestion chef d’entreprise / maman ? Comment les gères-tu ?
Deux fois par an, je pars une semaine pour le salon Maison et Objet où nous avons un stand pour la marque, c’est donc Simon qui gère mais c’est dur de lâcher ! Quand j’y suis je n’y pense pas trop mais avant j’appréhende beaucoup. Sinon je culpabilise toujours quand je les laisse tard à la garderie, surtout l’hiver quand il fait nuit et froid. A part ça, j’essaye de ne pas trop culpabiliser. Je me dis que je fais de mon mieux et que c’est un sentiment négatif qui n’apporte rien de bon !

As-tu des anecdotes croustillantes sur ta vraie vie de Working Mum ?
Le salon Maison & Objet de septembre 2018 ! Luz ma dernière fille avait 1 mois mais je ne m’imaginais pas le rater. J’y suis allée 3 jours, elle était gardée la journée par une amie et je tirais mon lait dans les toilettes du salon toutes les 2 heures Je ne sais pas comment j’ai fait… Mais globalement toute l’année dernière était un challenge car je n’avais pas de mode de garde. Quand elle était tout bébé je l’emmenais partout avec moi à Paris ou en rendez-vous. Et après je jonglais pour la faire garder ou travailler à la maison. Mais je ne voulais pas choisir entre sacrifier mon entreprise ou un troisième enfant.

Quel est ton rythme pro de rêve ?
Le rêve, c’est 8h30-18h30 tous les jours. Mais avec de vrais week-ends et de vraies vacances pendant lesquelles je coupe complètement.

Quelles sont les contraintes du free-lance quand on est parent ?
Je ne suis pratiquement jamais off. Enfin, je pense tout le temps à mon boulot ! Mais j’aime mon travail donc c’est mi-fatiguant mi-stimulant. C’est aussi un peu l’injustice du free-lance, on sous-évalue parfois la charge de travail ou les responsabilités… Comme je n’ai pas de patron c’est systématiquement moi qui vais m’occuper des enfants quand ils sont malades, le mercredi ou pendant les vacances. Peu importe que j’aie plein de boulot ou non.

Et les avantages ?
Je suis hyper libre. Je peux gérer mon emploi du temps et l’adapter aux besoins de la famille.

As-tu des conseils ou des tips à donner aux femmes enceintes pour gérer au mieux la vie professionnelle et la grossesse ?
Personnellement j’ai très bien vécu mes grossesses et j’arrivai à peu près à faire ce que je voulais donc je n’ai pas forcément de tips précis mais se coucher tôt, systématiquement c’est déjà un super bon début. Et s’écouter évidemment !

Et aux jeunes mamans pour bien vivre le combo boulot/famille/maison ?
Déjà ça n’est pas un conseil mais pour moi c’est essentiel d’avoir un conjoint qui participe à la vie de famille et qui est hyper présent pour se sentir un peu délestée par la charge de boulot que demande une vie de famille ! Je dirais aussi que quand on sent que c’est compliqué d’avoir les 2 casquettes on en enlève une. Bien expliquer ce que l’on fait aux enfants et pourquoi on le fait. Si on bosse de chez soi, l’intendance (aspi, linge, vaisselle, courses…) ça attendra le soir. On se focus sur le boulot. Lâcher sur certains trucs on ne peut pas être parfaite. Que ce soit le bain, un plateau télé de temps en temps, des pâtes au gruyère quand on a eu une grosse journée et qu’il n’y a plus rien dans le frigo. Ne pas être trop exigeante avec soi-même.

Qu’as-tu envie de conseiller à ta fille pour la gestion de sa vie pro plus tard ?
J’espère surtout qu’elle trouvera le métier de ses rêves et qu’elle s’épanouira autant dans son travail que moi.

Quel est ton shopping idéal de maman ?
Plus j’ai des enfants plus la liste est minuscule !! Je dirai une poussette Yoyo et un porte-bébé pour l’emmener partout avec nous, de l’anti-cernes (le mien c’est un cover RMS beauty, bio !) et un bon contour des yeux. Une gourde, des Pom’ potes pour les moments où il est l’heure du repas mais que tout n’est pas prêt. Une casquette, un bob ou un bonnet pour les jours où on n’a pas le temps de se faire une tête.

On a l’habitude de demander à nos guest nantaises leurs bonnes adresses et bons plans…
Une super adresse kids ou pregnant friendly ?
Berlin 1989 le dimanche ils diffusent des Disney sur grand écran.
Un endroit chouette pour venir enceinte ou avec une poussette boire un café ou manger un morceau ?
Le restaurant de l’Orangerie au Jardin des plantes la terrasse est en plein soleil (quand il y en a) et on peut laisser les kids jouer au parc devant.
Une adresse shopping ?
Les Petits Sauvages rue du Château, Elena est un amour et sa sélection est hyper- chouette, dans l’air du temps mais en même temps unique.
Où picoler avec ses copines après la grossesse ?
Maison Paganelli rue Saint-Léonard, am- biance chaleureuse, grignos et Prosecco, c’est une réussite à tous les coups.

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Photographie Fanny Retailleau